Construction & gros œuvre

Parpaing à coller : le premier rang fait toute la différence

Éloi Kerbrat 7 min de lecture
Parpaing à coller : premier rang sur arase de mortier, joints minces

Le parpaing à coller est un bloc béton conçu pour être assemblé avec un mortier colle à joints minces sur les rangs courants. Il peut servir à construire des murs porteurs ou non, selon la référence choisie et les prescriptions du projet. Son intérêt : une application régulière au rouleau et moins de mortier traditionnel à manipuler. Mais cette technique exige une assise particulièrement soignée : les joints minces ne permettent pas de rattraper un départ mal réglé.

Un bloc adapté aux joints minces, pas un parpaing ordinaire encollé

Les expressions parpaing à coller, bloc rectifié et bloc béton à joints minces désignent, dans le guide Fabemi, la même famille de solutions. La rectification des faces de pose permet un assemblage avec une faible épaisseur de mortier. Il ne suffit donc pas de remplacer le mortier traditionnel par une colle sur n’importe quel bloc.

Calcul des blocs et du mortier-colle

Estimez les quantités à partir des dimensions du mur, de ses ouvertures et de la consommation choisie.

Valeur supérieure à zéro.
Valeur supérieure à zéro.
Par exemple, fenêtres et portes.

Résultats estimatifs

Surface nette du mur —
Nombre théorique de blocs —
Masse de mortier-colle —
Sacs de 25 kg —

Formules et hypothèses

  • Surface nette = longueur × hauteur − surface totale des ouvertures (m²).
  • Façade d’un bloc : 500 × 200 mm, soit 0,50 × 0,20 = 0,10 m² par bloc.
  • Nombre théorique de blocs = plafond(surface nette ÷ 0,10 m²).
  • Masse de mortier-colle = surface nette × consommation choisie (kg/m²).
  • Nombre de sacs = plafond(masse de mortier-colle ÷ 25 kg).

Pour les rangs courants, le mortier colle est réparti au rouleau applicateur. Le premier rang, lui, reste posé sur une arase de mortier, c’est-à-dire une assise réglée pour obtenir un départ plan et horizontal.

Point comparéPose à joints mincesPose traditionnelle
BlocsRéférences prévues pour être colléesRéférences prévues pour une pose au mortier traditionnel
Rangs courantsMortier colle appliqué au rouleauLit de mortier traditionnel
Réglage du départEssentiel, car les joints minces offrent peu de rattrapageAssise également à contrôler soigneusement
Choix économiqueComparer blocs, colle, accessoires et temps de poseComparer blocs, mortier et temps de pose

Alkern annonce un gain de 30 % d’efficacité de mise en œuvre par rapport à un bloc traditionnel. Fabemi indique une amélioration de 25 % des performances thermiques du système constructif grâce à la faible épaisseur du mortier colle. Ces annonces concernent les systèmes présentés par les fabricants : elles ne garantissent ni un chantier 30 % moins cher ni une baisse de 25 % de la consommation de chauffage.

Choisir le bloc et ses accessoires selon l’ouvrage

La fiche Point.P du Planibloc Fabemi décrit un bloc creux en béton de granulats courants, à 6 alvéoles, de 500 × 200 × 200 mm, destiné à être collé et enduit. Elle mentionne des murs porteurs ou non, des soubassements et des élévations intérieures ou extérieures. Ces destinations ne doivent pas être étendues automatiquement à tous les blocs à coller.

Parpaing à coller : arase, premier rang, application du mortier-colle et joints croisés
Parpaing à coller : arase, premier rang, application du mortier-colle et joints croisés

Avant l’achat, vérifiez la destination exacte de la référence, sa résistance mécanique, ses dimensions et les prescriptions du système. Pour un mur porteur, l’adéquation du bloc ne remplace pas le dimensionnement de l’ouvrage. Un soubassement demande également de vérifier les dispositions adaptées à son exposition et à son environnement.

Prévoyez les éléments complémentaires dès le calepinage, le dessin de répartition des blocs :

  • Les blocs d’angle pour les chaînages verticaux.
  • Les blocs en U pour les linteaux et chaînages horizontaux.
  • Les éléments adaptés aux tableaux d’ouverture et aux coupes.
  • Le mortier joint mince et le rouleau compatibles avec le système.

Le guide Fabemi mentionne un poteau d’angle de 15 cm de diamètre intérieur : c’est une caractéristique du détail présenté, pas une dimension universelle. De même, les armatures et les sections de béton doivent suivre les prescriptions du projet, notamment en situation sismique.

Réussir l’assise et le premier rang avant d’accélérer

Préparer les outils et régler l’arase

L’outillage comprend un malaxeur mécanique, une règle, un niveau à bulles, un cordeau repère et un rouleau applicateur tel que le Planirol mentionné par Fabemi. Des platines réglées facilitent la réalisation de l’arase. Pour les découpes, le guide prévoit notamment une scie sur table pour les blocs Fabtherm et un marteau de charpentier pour certains blocs prédécoupés.

L’arase doit constituer une assise plane et horizontale. Posez ensuite le premier rang sur le mortier en contrôlant le niveau, l’alignement et les angles. Corrigez les défauts à ce stade, plutôt que de compter sur une surépaisseur de colle dans les rangs suivants.

Pensez au mur comme à une succession de colonnes de repérage : angles, jambages des ouvertures et extrémités servent de jalons verticaux. En reportant les hauteurs de rang sur ces points fixes, vous pouvez repérer une dérive avant qu’elle ne se propage à toute la façade. Ce contrôle complète le cordeau horizontal : un rang peut sembler aligné tout en accumulant un décalage au droit d’une future baie.

Monter les rangs et traiter les points singuliers

Dépoussiérez les faces de pose, puis répartissez régulièrement le mortier colle au rouleau. Posez les blocs à joints croisés, en décalant les joints verticaux d’un rang à l’autre selon les prescriptions du système. Contrôlez l’aplomb et l’alignement pendant la progression, sans attendre la fin du mur.

Fabemi prévoit l’encollage des faces verticales des retours d’angle et des coupes. Le traitement des autres joints verticaux dépend du système et des exigences du chantier, notamment sismiques : leur absence d’encollage ne doit jamais être supposée.

Aux ouvertures et aux chaînages horizontaux, les blocs en U reçoivent les armatures puis le béton conformément aux dispositions prévues. Le guide mentionne aussi la trame Planitoile pour le dernier rang de blocs à alvéoles débouchantes avant certaines opérations ; son emploi doit suivre le détail technique concerné.

Préparer la colle et respecter les limites de pose

Fabemi préconise le Mortier Joint Mince VPI ou un produit aux propriétés équivalentes. Les paramètres ci-dessous correspondent au mortier décrit dans son guide. Vérifiez toujours les instructions du sac effectivement livré : un autre produit peut avoir un dosage ou des temps d’utilisation différents.

ParamètreIndication du guide Fabemi
Gâchage7,5 à 9 litres d’eau pour un sac de 25 kg
Malaxage mécanique3 minutes
Consommation moyenne1,60 kg/m² en zone non sismique ; 2,50 kg/m² en zone sismique, joints verticaux compris
Épaisseur du joint5 mm environ à l’application ; 1 mm après écrasement
Temps d’ajustabilité15 à 20 minutes selon la porosité du support et la température ambiante
Durée pratique d’utilisation2 h ± 30 min à 20 °C
Température de mise en œuvre5 °C à 30 °C
Caractéristiques du mortierEfficacité de collage ≥ 1 MPa ; réaction au feu A1 ; résistance en compression M15

La durée pratique d’utilisation concerne le mélange préparé ; elle ne correspond pas au temps pendant lequel un bloc reste ajustable après sa pose. Les classes du mortier ne décrivent pas non plus, à elles seules, les performances du mur complet.

Fabemi donne également l’indication de 1 sac pour 2 palettes de 60 blocs pour les zones sismiques 1 et 2. Utilisez ce repère uniquement dans son périmètre, sans le généraliser à toutes les dimensions de blocs ou configurations de joints.

Enfin, ne collez pas des blocs poussiéreux, surchauffés, gelés ou gorgés d’eau. Limitez la longueur encollée à l’avance pour éviter la dessiccation prématurée, autrement dit un séchage trop rapide du mortier. La réussite tient moins à la vitesse d’application qu’à la régularité du lit de colle, à l’état des supports et aux contrôles effectués rang après rang.

Éloi Kerbrat

Partager cet article

Retour en haut